Cher(e) collègue,
Opter ou ne pas opter pour la nouvelle Convention Collective Nationale ? C’est LA question du moment. L’établissement vous adresse actuellement votre courrier d’information avec un formulaire d’option. La description, malheureusement bien sommaire, du processus d’option prévu par l’Etablissement est décrit en première pièce jointe. « L’agent reçoit un courrier d’information contenant un formulaire d’option » affirme le document joint en proposant ensuite deux possibilités :
1) « L’agent est d’accord avec les conditions du formulaire : il le signe et le renvoie à sa DRH » ; c’est la réception de ce document par les services RH de l’établissement régional qui formalise le souhait d’opter.
2) « Il n’est pas d’accord avec les conditions du formulaire : il contacte sa DRH ; si la demande est justifiée, la DRH refait une simulation et réédite un nouveau formulaire qu’elle renvoie à l’agent ».
Il manque deux hypothèses dans le document élaboré par l’Etablissement :
3) L’agent ne répond pas dans les deux mois puisqu’il a une période de deux années à compter de l’agrément de la CCN pour opter pour la nouvelle CCN. Lorsque l’agent fera part de son souhait d’opter il recevra un nouveau courrier d’information contenant un formulaire d’option qui pourra être différent du premier formulaire d’option si la situation indiciaire de l’agent a changé. Plus précisément encore, il peut parfois être judicieux d’attendre quelques mois et un changement d’échelon avant d’opter.
4) L’agent ne répond pas et il choisit donc de rester agent public. Le fait que l’Etablissement ignore cette hypothèse dans le document joint est tout simplement scandaleux.
Opter, ce n’est certainement pas obtenir « le beurre, l’argent du beurre et, en prime, le sourire du crémier »… Opter, c’est faire un choix professionnel majeur qui sera irrévocable ; un choix qui vous engage pour tout le reste de votre vie professionnelle et même pour la retraite puisque le montant de cette dernière dépendra aussi de votre choix d’opter ou de ne pas opter. Opter c’est faire un choix impliquant des gains et des pertes ; les gains seront souvent d’ordre pécuniaire, les pertes concerneront des dispositifs liés au statut public : perte d’accessoires de rémunération comme le Supplément Familial de Traitement, sortie du dispositif CPA (Cessation Progressive d'Activité)….Vous avez deux années pour faire ce choix majeur. Deux années qui vous permettront aussi de voir et d'analyser l'ensemble des données et des faits alors à votre disposition. Et puis enfin, rappelons l’essentiel, opter est une possibilité ; ce n’est aucunement une obligation. Fort heureusement, chacun peut faire le choix de rester agent public.
Des collègues nous affirment d’ores et déjà leur décision d’opter. Les questions adressées par mail à la CNEM FO concernent presque toujours les aspects pécuniaires de la transposition. Questions auxquelles nous ne répondons d’ailleurs pas toujours, faute d’avoir l’ensemble des données individuelles permettant d’effectuer, par exemple, le calcul précis de la future rémunération attendue. L’approche pécuniaire se limite d’ailleurs trop souvent, selon nous, au calcul de cette nouvelle rémunération alors même que d’autres estimations pourraient être effectuées : par exemple, avez-vous estimé vos indemnités de licenciement au cas où Pôle emploi déciderait de ne plus recourir à votre force de travail ? La question n’a rien de saugrenu lorsqu’on sait que les négociateurs FO de la CCN ont du batailler durement pour décrocher des indemnités décentes. La crise passée, il est en effet imaginable que le pouvoir politique décide, à un moment ou à un autre, de réduire les effectifs de Pôle emploi. Cette perspective conduit obligatoirement à porter un regard sur la stabilité dans l’emploi en fonction de l'option choisie, nouvelle CCN ou statut des agents publics de 2003.
Les positions des organisations syndicales par rapport à la signature de la nouvelle CCN sont différentes : « Loin du meilleur des deux, trop d’incertitudes….», « La CCN contient des progrès mais elle est bien incomplète ! Les manques dans le texte représentent des dangers pour l’avenir ! » écrivent des organisations syndicales finalement non signataires de la nouvelle CCN.
Force Ouvrière a joué un rôle moteur dans les négociations qui ont abouti au texte de la CCN. FO est, de fait, la principale organisation syndicale signataire de la CCN. Notre rôle a amené l’Etablissement à concéder beaucoup plus qu’il ne l’avait prévu. Après consultation de ses différentes instances, FO a fait le choix de signer ce texte en considérant que la « négociation aboutit à un dispositif conventionnel de qualité qui va constituer un socle solide sur lequel il faudra s’appuyer pour continuer d’avancer. Une première étape… Car il reste des droits à conquérir ! » écrit l’Union FO Pôle emploi. Vous avez été un certain nombre à réagir à cette signature de la CCN par FO. Vous pourrez lire une sélection de vos réactions dans le « verbatim » que vous trouverez en deuxième pièce jointe.
Les collègues de niveau IVA et les Directeurs Territoriaux Délégués
Le Syndicat Force Ouvrière a constamment défendu, avant même leur naissance officielle, les IVA et leurs intérêts. Les démarches de la CNEMFO (qui a succédé à la CNE FO) ont souvent été menées dans un contexte ardu. En effet, dès leur apparition à l'ANPE, celles et ceux qui allaient devenir les IVA étaient déjà maltraités par leur employeur... Ces « Conseillers Principaux » qui avaient été "promus" en tant qu'AEP et Adjoints ne s'étaient vu octroyer qu'une maigrelette « prime de responsabilité » pour récompenser le surcroît de services rendus.
Le statut de 2003, tout en prétendant avoir fait des IVA ses « élus », ne leur a en fait apporté qu'une vingtaine de points d'indice supplémentaires. La transformation de la « prime de responsabilité » en « prime de performance » n'en a guère modifié le montant moyen, et seule, la ruse de la Direction, qui a consisté à concentrer son versement en un seul versement annuel, l'a rendue visible. Le syndicat Force Ouvrière avait alors largement fait connaître toute sa désapprobation, mais force est de reconnaître que la stratégie de la Direction a remarquablement bien fonctionné : les IVA se sont totalement investis dans les missions confiées par la hiérarchie. A un tel point que le problème, c'était alors le fait de ne pas se voir confier de responsabilités spécifiques, comme cela a été le cas pour de nombreux IVA « chargés de projet emploi » ou pour une partie des IVA qui étaient affectés dans les structures.
Durant cette période le ressenti de certains collègues vis-à-vis des "cadres opérationnels" est devenu franchement négatif. De nombreux témoignages sont ainsi parvenus à la CNEM-FO, lorsqu'elle mettait en avant les intérêts des IVA.Un exemple récent : «Je ne me souviens pas qu'il soit écrit quelque part que les AEP aient fait partie un jour des cadres, ni qu'ils aient cotisé à une caisse cadre par le biais de l'Agence...Il ne faut pas confondre une fonction d'encadrement et être cadre. De plus, les AEP comme les Adjoints pointent alors que les cadres tels que les DALE ou autres DIRECTEURS ne pointent pas (chronos). Cette catégorie d'Agents a souvent été très excessive dans la "manière de servir" (harcèlement) vis à vis d'Agents jusqu'à les pousser à muer. Je ne soutiens pas cette cause... »
Cadres quand ça arrangeait la Direction, non-cadres pour le reste, les IVA n'ont jamais montré d'esprit revendicatif propre, ainsi qu'en a régulièrement attesté leur faible mobilisation lors des mouvements sociaux qui ont secoué l'ANPE, puis le Pôle Emploi. Ainsi, dès l'été 2008, Christian Charpy considérait qu'il pouvait commencer à affirmer que les IVA n'étaient pas des cadres mais... des Agents de Maîtrise ! Il l'a même dit devant les IVA eux-mêmes, lors des « Interrégionales de l'Encadrement 2008 » ; discours qui n'a guère suscité de vives réactions…
Les IVA dans la maîtrise… Ce déni de la réalité a été ensuite confirmé par la décision du DDTEFP de Paris qui, statuant au sujet de la seule constitution des Collèges électoraux, affirmait que cette décision ne préjugeait en rien, pour ce qui était de la place des IVA au sein de la future Convention Collective. Alors même que l'investissement exigé des IVA était toujours plus fort, la négociation de la CCN est intervenue avec une Direction qui a obstinément refusé d'écrire ce qu'elle disait pourtant depuis longtemps : les IVA ne seront pas des cadres.
Les IVA ne seront peut-être pas des cadres, mais la CNEMFO se devait de rechercher des solutions pour faire en sorte que celles et ceux qui, parmi les IVA, envisagent d'opter pour la future CCN, puissent le faire dans des conditions convenables. En région Provence-Alpes-Côte d'Azur, le mouvement social des IVA, a suscité tout notre intérêt. Enfin, des IVA bougeaient ! Mais, quel que soit la qualité de ce mouvement édifié à partir de revendications solides, force était de constater que malheureusement, il ne faisait pas tache d'huile, et ne s'étendait pas à d'autres régions. La CNEMFO a alors pris contact avec les deux autres Organisations Syndicales représentatives en Commission Paritaire Nationale N°4, à savoir la CFE-CGC et le SNU. Déjà sensibilisées à la problématique des IVA, ces deux OS ont demandé avec la CNEMFO une entrevue à la DGA-RH. Reçues en juin dernier par le Directeur des Carrières, nos trois organisations ont été sidérées de se rendre compte à quel point la DG méconnaissait la réalité des efforts et des réussites des IVA dans le réseau et dans les structures. Clairement, cette voie n'était pas la bonne pour faire valoir l'attente des IVA. Il était désormais évident que les mérites sur lesquels les IVA entendaient s'appuyer pour se voir offrir une contrepartie plus équitable de la Direction ne constituaient pas un argument suffisant.
La CNEMFO a alors alerté les négociateurs Force Ouvrière, très impliqués dans la négociation de la future CCN, sur le côté inacceptable de la proposition de transposition des IVA sur les coefficients 250 (moins de 8 ans d'expérience professionnelle) et 280 (plus de 8 ans dans un niveau d'emploi qui a été crée en... 2003 !!!) alors que les collègues du niveau supérieur, les IVB, étant, eux, répartis entre les coefficients 300 et 350.
Au terme de la négociation, grâce à l'intervention de nos négociateurs, les coefficients 295 et 310 sont apparus pour les IVA. Pas pour tous certes, mais leur existence est clairement un atout pour l'avenir. Une base sur laquelle il sera désormais possible de s'appuyer pour revendiquer !!!
Les IVB étaient, eux, répartis entre les coefficients 300 et 350, dans des modalités plus favorables au vu de leur ancienneté moyenne. Et, pour toutes celles et ceux qui étaient éligibles à la prime de performance, la Direction accepte de mettre en place une majoration individuelle de 5% sur la base de l'article 19.2 de la nouvelle CCN.
Donc au total, les conditions proposées pour tous les collègues voulant opter ont bien été améliorées et ce même si les spécificités des IVA n'ont été qu'en partie prises en compte.
Au final, FO considère que cette CCN est un dispositif conventionnel de qualité qui constituera un socle solide sur lequel nous nous appuierons pour continuer à avancer. Une première étape pour les IVA et le combat continue car il reste beaucoup à conquérir ! Mais rien ne se fera sans chacun d'entre vous : vous savez maintenant qu'il ne suffira pas de bien travailler, comme d'habitude, ni d'avoir de bons avocats pour obtenir gain de cause : c'est bien à partir de la création d’un rapport de forces que l’on fait avancer la satisfaction des revendications ; une manière de dire que la participation et l’implication de chacun dans l'action syndicale est plus que jamais une vraie nécessité.
Les IVA ne sont bien évidemment pas les seuls à avoir du mal à trouver leur place au sein des nouvelles organisations de Pôle emploi. Prenez par exemple les DTD, les Directeurs Territoriaux Délégués. Nommés il y a quelques mois, une partie des DTD vivaient déjà cela comme une rétrogradation puisqu’ils étaient auparavant DDA. A contrario, d’autres DTD ont d’abord perçu cette nomination comme une promotion puisqu’ils étaient jusqu’alors DALE. Aujourd’hui, on peut malheureusement l’écrire sans nuance, un an après la création de Pôle emploi, de très nombreux DTD ne savent pas quels sont leur place et leur rôle dans les nouvelles organisations de Pôle emploi. Entre autres, parce que le pouvoir départemental est concentré entre les mains des directeurs territoriaux. De ce fait, les DTD sont souvent très mal à l’aise dans leurs nouvelles fonctions ; fonctions qui ne sont d’ailleurs pas toujours clairement identifiées.
Prime de performance, « prime d’intéressement », GIPA
En tête du hit parade de vos questions du moment : « Si j’opte pour la nouvelle CCN dès le début de l’année 2010, vais-je toucher au mois de mars 2010, comme d’habitude, le complément collectif variable (la « prime d’intéressement ») et la prime de performance ? » La réponse à ces deux questions est OUI puisque ces primes portent sur l’activité réalisée en 2009.
Concernant l’avenir, à partir de 2010, les « compléments variables de rémunération » pour les agents de droit privé sont évoqués dans l’article 16 de la CCN : « La rémunération peut comporter des compléments variables calculés soit sur l’atteinte de résultats individuels pour les cadres, soit sur l’atteinte des objectifs collectifs annuels de Pôle emploi pour l’ensemble des agents. Les modalités et les critères retenus pour la mise en œuvre de ces compléments variables font l’objet d’un accord négocié au niveau national annexé à la présente convention collective. »
Quelques questions nous sont aussi arrivées sur le dispositif GIPA, la Garantie Individuelle du Pouvoir d’Achat. Nous avons interrogé l’Etablissement sur cette question et nous y consacrons la troisième pièce jointe.
L’avenir du syndicalisme cadre au sein de FO Pôle emploi et la CPN 5 du 14 janvier 2010
La nouvelle CCN entrera en application dans quelques semaines pour les agents de droit privé et des négociations concernant directement les agents de droit public auront lieu début 2010 sur l’adaptation du statut de 2003 à notre nouveau contexte. La CNEM FO, commission réunissant des cadres de droit public, vous informera précisément sur ces négociations. Celles et ceux d’entre vous qui auront fait le choix d’opter pour le droit privé auront désormais pour correspondants syndicaux, au sein même des établissements régionaux où ils travaillent, les collègues élus aux dernières élections professionnelles ainsi que les Délégués Syndicaux FO.
La CPN 5 du 14 janvier sera la dernière où vos élus pourront aborder les situations individuelles des cadres IVB qui choisissent d’opter dès l’ouverture du droit d’option. Nous savons que certaines situations professionnelles sont loin d’être stabilisées. Si ces collègues optent tout de suite et s’ils souhaitent voir leur situation abordée une dernière fois en CPN, ils peuvent contacter dès maintenant leurs élus FO en CPN 5 sur cnefo.p-salmon@pole-emploi.fr
Ensuite, il y aura bien évidemment d’autres CPN 5, puisque celles-ci sont maintenues, mais il y aura mécaniquement de moins en moins d’agents concernés par ces instances paritaires et il est probable que celles-ci perdront de leur capacité à avoir une influence réelle. D’ailleurs, au-delà même de la question des CPN, y aura-t-il encore une régulation nationale sur les décisions RH au sein de « l’institution nationale publique » qu’est Pôle emploi ? Rien n’est moins sûr concernant les directeurs de sites puisque ce n’est qu’à partir du niveau des DTD que les décisions de recrutement sont signées du Directeur Général. Pour les niveaux inférieurs, donc pour les directeurs de sites, la « gestion RH » se situe au niveau des établissements régionaux. Dans ce nouveau contexte, il nous apparaît souhaitable que les cadres FO se structurent syndicalement, bien évidemment au sein de leurs établissements régionaux, mais aussi nationalement, pour défendre au mieux les intérêts des personnels.
Dans les prochains mois, la CNEM FO sera comme toujours l’interlocuteur des cadres de droit public ainsi qu’un défenseur de leurs droits. Les élus FO de la CPN 5 continueront, jusqu’à la fin de l’année 2010 qui est le terme de leur mandat d’élu du personnel, de défendre les intérêts des cadres IVB, agents publics, qui les solliciteront. Pour toute question d’ordre syndical, rappelons-le, les salariés optant pour la CCN peuvent dès maintenant contacter, au sein même de leur établissement régional, les collègues FO qui viennent d’être élus dans les instances de représentation du personnel et les délégués syndicaux FO. Nous diffuserons la liste de ces élus FO dans notre envoi du 14 janvier 2010.
Bonne fin d’année à tous.
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