Une DALE
« Je viens me défouler un peu en t’entretenant de mes misères de Dale dans une ZUS au cœur d’une tourmente qui s’appelle « LA FUSION ». Après le grand stress des DT, anciens DRA Adjoints qui n’étaient pas sûrs d’être les heureux élus de la grande aventure des services de l’emploi français, vient l’incertitude sur le sort des DDA, qui deviendront DTD.
Certains pensent que seuls des résultats brillants en termes de recueil d’offres, de MER+ et de taux de pae3 extraordinaires vont leur permettre de faire partie des élus. Alors la pression dans certains territoires devient inimaginable ! On n’hésite pas à menacer un adjoint de ne plus faire partie de la ligne managériale dès le 1er janvier 2009, parce qu’il a du mal à piloter tous les indicateurs en même temps et qu’en plus il n’a pas un caractère facile ( en fait, il a envie de comprendre alors il pose des questions !).
Quant aux Dales, ils sont traités parfois avec un tel irrespect, managés avec une telle violence que je commence à croire que c’est dans la fonction publique que les cas de harcèlement sont les plus fréquents.
Là encore, il m’est annoncé que l’avis du DTD sera requis pour ma nomination, entre les lignes, c’est lui (ou elle) qui décidera de mon sort ! Serais-je responsable de site ? N°2 adjoint au responsable ? Ou archiviste au placard ? On me laisse entendre que ma fâcheuse manie qui consiste à négocier avec mes supérieurs, à n’être pas toujours d’accord avec leur vision et à considérer les objectifs comme des cibles vers lesquelles tendre et pas seulement des sommets à atteindre par n’importe quels moyens ne servira pas ma carrière ! A entendre mon supérieur hiérarchique actuel, l’établissement va enfin se débarrasser de tous ces bons à rien qui ralentissent les efforts des plus méritants !
Je suis effrayée, hallucinée… J’ai 20 ans d’agence, j’ai exercé à peu près tous les métiers du terrain et j’aime toujours ce que je fais. J’ai cru que ce projet serait une belle aventure passionnante, en fait, c’est infernal !
Souhaite-moi bon courage, cher collègue, car j’en ai besoin ! »
Un DDA
« En effet les pratiques sont parfois étonnantes. Il nous a été demandé d’envoyer, au Délégué régional, CV et souhait de 3 postes dans le futur organigramme (sans aucune précision sur les postes). Celui-ci nous a ensuite reçus en entretien pour nous signifier le poste qu’il nous attribuait. Quid de l’application de la note de C. Charpy ? A quoi sert ce type d’entretien puisque notre sort est décidé. Sur quels types de critères sommes-nous jugés ? Pour ma part je suis pré affectée sur un poste qui n’existe pas encore (en création dans les futures directions territoriales) sans oublier qu’il serait préférable que je parte dans un autre département. La mobilité géographique est donc souhaitée ! Et accompagnée d’un « mise au placard ». Est-ce cela l’emploi des séniors ? Comment faire face à ce type de situation, quand l’isolement est la règle. »
Une DALE
« Je suis DALE. Pour le moment le problème du doublon ne se pose pas encore. Je travaille en collaboration avec mon collègue de l'assédic pour permettre la mise en place d'une configuration 1 site base avant(ANPE)/ 1 site base arrière (assédic). Nous proposons même la création d'un bureau dans les locaux anpe pour le responsable assédic.
Mais bien évidemment la question du "qui sera le chef" reste en arrière plan. Je trouve très malsain ce manque de transparence et cette occultation totale du problème. Je souhaiterais que l'établissement nous dise quand et comment les choix vont se faire. Je voudrais faire un bilan de compétences mais rien ne nous est proposé malgré les bruits entendus il y a quelques mois. Nous sommes très seuls actuellement dans nos ALE à nous interroger sur notre avenir tout en essayant comme d'habitude de faire au mieux pour ne pénaliser ni nos clients ni nos agents. »
Une DALE
« Voici les quelques éléments "attrapés" en "conversation" et non en entretien. Je sollicite ma DDA à deux reprises pour obtenir un entretien formel sur la marche à suivre : "oui bien sûr " mais PAS de date. En insistant j'ai obtenu quand même une entrevue en novembre! J'ai évoqué la VIAP : peu d'écho "tu sais c'est beaucoup de travail". Actuellement, je n'ai que des questions ; une réponse cependant : "c'est à toi de choisir si tu veux être second ou premier".
Aujourd'hui faut-il voir le conseiller carrière? Faut-il engager une VIAP ? Faut-il solliciter un bilan de compétences pour évaluer les compétences attendues par le Nouvel Opérateur ? Il n’y a pas non plus de référentiel connu du métier à venir... Dans cette situation il est particulièrement difficile de se projeter.
En revanche il faut convaincre les collectifs de la plus value de la PST, avec une communication démarrée le 25 sept pour une ouverture 1er novembre et 5 Agents formés ; ces derniers d'ailleurs ne souhaitent plus aller en formation. A J- 4 semaines le référentiel n'est même pas disponible ... Le DALE et l'ELP sont "secs"…
Pour résumer : nous devons afficher une posture assurée, de manager convaincu afin d'éviter à tout prix les angoisses d'abord de nos premiers collaborateurs en ELP, et des collectifs. Ce type de management supérieur laisse chacun seul face à ses questions, ses angoisses. On ne peut pas attribuer ce mode de management au hasard, les postures des cadres supérieurs sont autant d'instruments de régulation sociale des cadres opérationnels. Une situation difficile où chacun est savamment isolé puisque concurrent sur un nombre de postes à la baisse. »
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