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QUOTIDIEN : lundi 16 juillet 2007 Ecrit par Luc Peillon
Emploi. Le contrat de transition professionnelle, en cours d’expérimentation, pourrait être généralisé.
Le contrat de transition professionnelle (CTP) fait-il ses preuves ? Un an après l’expérimentation lancée par Jean-Louis Borloo sur sept bassins d’emplois, difficile à savoir. Le dispositif, réservé aux licenciés économiques des entreprises de moins de 1 000 salariés, fait l’objet d’une grande discrétion de la part du gouvernement. Le bilan partiel, que Libération s’est procuré, fait pourtant état d’un taux de reclassement important. Reconduit pour une année encore, le CTP pourrait être la clé de voûte du futur dispositif de sécurisation des parcours professionnels voulu par Nicolas Sarkozy.
Coût élevé. Reste qu’en cas de généralisation, ce contrat reviendrait à un coût élevé pour les finances publiques, tout en se limitant aux licenciés économiques. Géré par une filiale de l’Association pour la formation professionnelle des adultes (Afpa), le CTP, d’une durée de douze mois, garantit à ses bénéficiaires un revenu équivalent à leur dernier salaire, en échange d’un suivi personnalisé alternant conseil, périodes de formation et reprise d’activité. Au 15 juin, selon les chiffres de l’Afpa, 2 072 licenciés économiques ont bénéficié, ou bénéficient encore, d’un CTP. Parmi eux, 667 sont considérés en «sortie durable», c’est-à-dire titulaires d’un CDI ou d’un CDD de plus de six mois, et 113 ont achevé leur contrat sans véritable solution. Les autres sont encore dans le circuit.
Avec 144 jours en moyenne de présence dans le dispositif, Jean-Marie Meunier, de
la CFDT-ANPE , reconnaît qu’ «on est en dessous de la durée moyenne de réinsertion classique, de six mois pour les profils employable assez vite ». Mais d’autres s’interrogent sur la pertinence du bilan. «Peut-on vraiment considérer un CDD de plus de six mois comme une sortie durable ? demande Daniel Jamme, membre du bureau de l’Afpa. En réalité, on ne s’est pas doté des critères pertinents pour établir un vrai bilan». Les moyens mis en œuvre sont pour beaucoup dans la réussite officielle du projet : avec un conseiller pour 30 licenciés, le dispositif est largement au-dessus du ratio de 1 pour 60 recommandé par l’Union européenne ou de 1 pour 130, portefeuille actuel d’un technicien ANPE. «Ils ont mis le paquet en terme de suivi, mais en déshabillant l’ANPE de ses conseillers dans certains services», dénonce un technicien ANPE.
«Très encadrés». Pour Yazid Sabeg, chef d’entreprise, auteur du rapport qui a donné naissance au dispositif, le CTP démontre au contraire son efficacité : «Les gens sont très encadrés. Ils restent moins longtemps en réinsertion que dans un dispositif classique et, au final, cela revient moins cher». L’extension, avant une éventuelle généralisation, c’est donc ce que va proposer Yazid Sabeg au gouvernement. Une vingtaine de sites, au lieu des sept actuels, pourraient être concernés, dont le bassin d’emplois de Toulouse, avec Airbus en ligne de mire.
5% de licenciés économiques Les charrettes de licenciements économiques ont le pouvoir d’attirer les caméras. Elles sont pourtant loin de représenter la majorité des entrées à l’ANPE. Chaque mois, les inscriptions pour licenciement économique ne représentent guère plus de 5 % des entrées. La plus grosse partie est constituée par les fins de CDD ou de missions intérim, à hauteur d’un tiers des inscriptions. Le reste concerne les «autres licenciements» (motifs personnels) ou des premières entrées. Les licenciés économiques sont aussi ceux qui bénéficient du suivi le plus important, notamment dans le cadre des congés de reclassement.
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